Une aventure physique car ce volcan, le Nevado Toluca culmine à 4551 m s’altitude, son ascension était compliquée car j’étais en tenue spéciale de vitesse, combinaison et chaussures.
Le Nevado est un volcan éteint depuis très longtemps avec dans son fond un lac d’une eau très vivifiante et fraîche. Je crois même que j’ai été le seul à m’y baigner !
Mon équipe et moi, Marco, François entre autres, nous dormions à 4100 m d’altitude dans un refuge où les chèvres venaient se réfugier de temps à autres, surement en période d’orage ! L’odeur de la seule pièce de ce refuge nous confirmait bien que les chèvres y séjournaient.
Dès notre arrivée, nous avons fait la connaissance d’un mexicain qui était ici depuis près d’un mois à se préparer pour le Marathon d’Accapulco. Ce garçon humble nous disait que c’était sa deuxième participation, et qu’à sa première l’année d’avant il avait fini 3ème au général pour une première participation à un marathon. Nous sommes restés sur le cul !
Ce mexicain partait tous les matins courir 1h30 et chaque soir idem au-dessus de 4100 m.
Il nous disait aussi que certains sportifs comme Induren passaient du temps sur ce lieu chaque année à s’entraîner en VTT, l’altitude était un facteur de fabrication de globules rouge.
Marco et moi sommes montés au sommet à plusieurs reprises pendant que François et les autres se préparaient à me recevoir en bas de la pente avec un pistolet chronométreur pour réaliser des tests de vitesse. Les pentes de ce volcan ont été les plus raides que j’ai connues durant toute ma carrière en VTT. Une moyenne de 55 degrés sur à peine 700 m de distance démarrant sur un bloc de rocher à 4517 m pour finir au fond de ce cratère à 4100 m à peine, soit une dénivelée de plus de 400 m. Je me souviens que même Marco à pied avait du mal à naviguer sur cette pente, que nous étions tous fatigués de faire chacune de ses montées à pieds chargés de matériel.
Il faut se rendre compte que la respiration à cette altitude devient le problème majeur et nous en avons tous souffert, François avait du mal à se lever le matin et il était fatigué le soir, Marco et moi avions du mal à respirer normalement lors de nos ascensions répétées. Il aurait fallu que nous soyons sur ce site 8 jours avant, afin de s’acclimater comme le font les montagnards expérimentés lors d’ascensions délicates en altitude. Mais voilà, le temps nous était compté car notre portefeuille ne nous permettait pas d’agir autrement.
Cette aventure, nous l’avons vécue sans confort ni luxe, mais quelque part c’est peut-être ce qui nous anime le plus !
Pas de record mais une bien belle expérience qui m’a permis d’être mieux préparé à la suite de mes challenges.



